"Le quai de Ouistreham" de F. Aubenas, adapé au théâtre par la Cie La Résolue
"Le Quai de Ouistreham", roman social remarqué de Florence Aubenas, vient d'être adapté au théâtre par la "Compagnie La Résolue". Sa tournée fait escale jusqu'au 15 mars au Théâtre 14 à Paris. Cette compagnie de Lyon créée par d'anciens de l'ENSATT comme la metteure en scène Louise Vignaud
(qui dirige aussi le Théâtre des Clochards Célestes, à Lyon, où la pièce a été créée en février dernier) revendique une lecture engagée de textes du répertoire ou pas.
Dans ce spectacle la comédienne Magali Bonnat porte le témoignage de travailleuses d'un super marché de Caen, ces femmes de l’ombre, dont la journaliste/auteure a choisi de partager la vie pendant six mois . Les commentaires mettent l'accent sur la délicatesse, l'humour et la sincérité qui émanent du jeu et du texte de ce spectacle. Elle incarne Florence Aubenas ainsi que les femmes qu'elle a côtoyées pendant son immersion. Cette fiction fait aussi œuvre d'essai sociologique par la véracité de cette enquête témoignage.
Le théâtre montre ici toute sa force pour susciter une prise de conscience, en l'occurrence de la pénibilité du travail de ces ouvrières invisibles de notre époque. Cela constitue une remarquable illustration de cette tendance à faire du théâtre sur cette thématique du monde du travail en adaptant des œuvres littéraires.
Sans doute le théâtre documentaire a le vent en poupe, les compagnies amassent de la matière en vrac, le structurent et livrent au spectateur un condensé spectaculaire dans une forme qui fait souvent oublier ses manques de rigueur par ce qu’elle a de percutant. Mais ce n'est pas toujours une réussite.
Ici, comme le remarque le blog "Dyptique Investigation" une telle expérience se montre juste. Sans doute du fait qu'il s'agit d'une enquête journalistique transposée au plateau . Elle "semble plus pertinente [NDLR que d'autres tentatives], parce qu’elle ne se borne pas à faire un séjour, mais cherche à en dire quelque chose, qu’elle souligne les incohérences d’un système de chômage risible et les contraintes implicites du travail invisible des techniciens de surface." A méditer et aller voir !